Servant d’emblème au département de la Vendée, et présent sans doute sur de nombreux souvenirs de Bretagne, la croix vendéenne a longtemps fait polémique. Son origine controversée ont poussé de nombreux bretons à la rejeter. Le problème résidait dans l’accroche de la croix vendéenne sur le fronton de deux collèges publics. Mais après une procédure juridictionnelle, la cour administrative d’appel de Nantes a rejeté la demande, estimant qu’il ne s’agit pas d’un emblème religieux. Retour sur l’origine et la définition de ce symbole.

Croix vendéenne : Les coeurs

La croix vendéenne est composée de deux cœurs entrelacés surmontés d’une couronne et d’une croix. Deux cœurs entrelacés sont en fait un symbole historique remontant à l’époque gallo-romaine, et présent sur les sépultures. Plus tard, l’Eglise catholique a repris ce symbole païen, l’associant à l’amour unissant Jésus à Marie. D’ailleurs, cette dévotion a débouché sur le culte du Sacré cœur de Jésus au début du 18e siècle, dans le Bas-Poitou. Cet emblème est devenu celui des insurgés de 1793, qui après la Révolution français de 1789, luttèrent pour la monarchie contre la République. Très attachés à l’Eglise et au roi, ils arboraient le sacré-cœur à la boutonnière, en processant derrière les bannières.
Similaire la guimbarde avait quant à elle une tout autre connotation : un cœur traversé d’une flèche, puis surmonté d’une couronne seule. Broche offerte par les fiancées à leurs amoureux, elle faisait office d’épingle de col, et symbolisait l’amour couronné par le mariage. Issue du 18e siècle, elle sera concurrencée par le sacré-cœur, qui prendra finalement sa place au 19e siècle. Cette symbolique a donc été fusionnée, rassemblant l’idéal romantique et chrétien.

Croix vendéenne : La couronne et la croix

Comme énoncé plus haut, la couronne était, pour les romantiques, le symbole du mariage qui couronne l’amour pur entre deux personnes. Pour les vendéens du 18e siècle, et particulièrement ceux de 1793, il s’agit avant tout de la fidélité au roi, à la monarchie. C’est bien pour ce régime que se sont battus les vendéens.

La croix fait bien sûr référence au catholicisme. Déjà présente lors du culte du Sacré-Cœur, elle remplace les flèches de Cupidon présentes sur la guimbarde.

Croix vendéenne : « Utrique fidelis », devise de fidélité controversée

La croix vendéenne est suivie de la devise « Utrique fidelis » qui signifie « fidèle à l’un et à l’autre ». Au 18e siècle, cela signifie évidemment la fidélité au roi, la couronne, et à l’Eglise catholique, la croix. Ce symbole ayant fait partie des armoiries sous le gouvernement de Vichy, certains ont interprété différemment le symbole, en plein contexte de 2e guerre mondiale. On lisait en 1944 dans une revue du bas Poitou, qu’il s’agissait en fait de l’union des royalistes et républicains, les blancs et les bleus, sous le même drapeau. Mais cette idée de réconciliation n’est pas présente dans ce blason et semble être une pirouette historique pour éviter les critiques du régime de Vichy. D’ailleurs des associations ont repris ce symbole, en témoignage de leur dévouement envers l’Eglise.